Les fascias, un réseau en biotenségrité

modèles de biotenségrité selon Tom Flemons

La biotenségrité : un système garant du maintien de l’homéostasie du corps

 

1) La tenségrité 1

 

Le terme « tenségrité » est le résultat de la contraction de « tension » et « d’intégrité ». Il est employé dans le monde de l’architecture.

D’après la définition donnée par René Mottro, professeur en architecture, « un système en tenségrité est un système dans un auto-équilibre stable comprenant un ensemble discontinu de composants comprimés à l’intérieur d’un continuum de composants tendus ».

 

Il s’agit donc d’un système dans lequel s’associent des forces opposées et synergiques qui s’équilibrent à l’intérieur de volumes géométriques adaptables. Les forces de tension qui s’y déploient génèrent des forces de compression qui elles-mêmes génèrent des forces de tension, ceci dans une permanente réciprocité.  Résultat : le système s’auto-régule lui-même.

 

La triangulation est un caractère constant des structures en tenségrité. Les triangles sont en effet des structures très stables qui peuvent être associées spatialement à d’autres triangles pour créer des ensembles multidirectionnels très complexes.

 

Dès lors, ces structures sont :

  • Autocontraintes
  • Auto-stables
  • Ont un comportement pneumatique

 

 

2) Les fascias et la biotenségrité

 

C’est Steve Levin, chirurgien orthopédiste, qui est à l’origine de la biotenségrité 2. Tout comme les systèmes en tenségrité, le système en biotenségrité contient des éléments de compression et des éléments de tension.

 

Dans notre corps :

  • Les os jouent le rôle d’éléments de compression
  • Les fascias jouent le rôle d’éléments de tension

 

Ainsi, la colonne vertébrale n’est pas un simple empilement osseux mais un ensemble de structures tendues et équilibrées expliquant à la fois sa solidité et sa capacité de mobilité.

 

Selon Levin, les fascias constituent la chaîne et la trame du corps. Les autres tissus, muscles, os, foie, poumons, cerveau, intestin… sont des broderies à l’intérieur de la trame. Si on enlevait tous les tissus de leur lit fascial, la structure et la forme du corps humain resteraient identiques. En revanche, si on supprimait le réseau fascial, tout s’écroulerait 2.

 

Cette approche structurale en biotenségrité permet de comprendre le fonctionnement efficace du corps humain et des corps vivants : les forces se répartissent de manière omnidirectionnelle, c’est-à-dire dans toutes les directions 1. On ne peut donc pas faire bouger une région du corps sans faire bouger les autres. C’est ce que l’on peut visualiser dans les vidéos réalisées par Boneman : https://www.youtube.com/channel/UCF_tTnwrulnGf-fOnSmMZ6g

 

Et ce jusqu’à l’échelle cellulaire. En effet, selon Michèle Tarento, médecin ORL et ostéopathe, « les fascias qui constituent la MEC (matrice extracellulaire) et qui se distribuent à la périphérie de chaque cellule sont en lien tensionnel avec le cytosquelette cellulaire et les organites adjacents, supports des métabolismes. De ce fait l’harmonie dans la distribution des fascias devient le garant du maintien de l’homéostasie dans les milieux intérieurs du corps » 1.

 

L’existence de ce sytème interconnecté permet de comprendre l’action globale et profonde des thérapies fasciales.

 

 

Sources

  1. Tarento M. Construire son corps avec l’osteo-éveil et la biotenségrité. Editions Sully. 2016.
  2. Levin SM. Biotensegrity, the mechanics of fascia. Research Gate. 2012. DOI: 10.1016/B978-0-7020-3425-1.00054-4
  • biotenségrité et fascias