Ecrire, c'est dire...

L'écriture engage notre corps. Elle exige une maîtrise de la coordination de l’œil  et de la main que l'enfant jeune  ne possède pas avant  cinq, six voire sept ans.

Elle est le résultat d'une activité complexe qui lie à la fois les mouvements fin de bas en haut et de haut en bas, et des mouvements plus ample de gauche à droite qu'il s'agit de coordonner.

Tout forcing précoce est donc une aberration, tout apprentissage doit être axé sur la détente, non sur la crispation: les exigences abusives vont à l'inverse de cette évidence.

Engageant notre corps, l'acte graphique exprime notre fragilité émotionnelle.  Nous savons que notre écriture se dégrade  lorsque nous sommes fatigués ou déprimés.

Les variations de l'écriture d'un élève au cours d'une dictée ou d'une rédaction renseignent de façon éloquente  sur la charge d'angoisse que véhicule l'exercice demandé.

Ainsi nous livrons-nous personnellement  dans la trace que nous laissons sur le papier, ainsi que  notre relation avec  nous-même y est-elle dévoilée: dépression, anxiété , dévalorisation de soi peuvent s'y lire.

Trace personnelle, l'écriture s'adresse à un destinataire: elle devient alors le support d'une relation et, en tant que telle, elle porte les marques de la tonalité de celle-ci.

Ecrire au fond c'est " orthographier"la communication dans le geste