Psychanalyse et graphologie

graphologie, écriture, graphologue, psychanalyse

Exemple : Écriture d'une personnalité en proie à des conflits affectifs.

 

Ce tracé comporte des variations importantes dans la dimension, dans le mouvement directionnel, dans la pression et dans la forme du geste scriptural, la zone médiane est instable, peu structurée, certaines lettres sont écrasées.


Dans la composante affective, il y a une certaine souffrance, un certain mal-être que le sujet essaie d'exprimer comme il peut, avec les critères d'un appel au secours (la demande d'une aide). L'affectivité est là, mais le sujet la canalise mal. En tenant compte de son  anamnèse la thérapie lui apportera les "maux" à dire, le sujet reviendra à sa parole pleine...
 

 

 

 

Si écrire est une communication, que celle-ci soit basée sur quelque chose qui se dit, alors le sujet en tant qu'être historique s'interpose à se dire. Le geste graphique aura de par sa substance et de par son équilibre quelque chose à révéler. Cette révélation ne veut pas dire pour autant que l'on puisse saisir et analyser le contenu du discours de l'inconscient du scripteur, ce qui semble quasi impossible. Mais on y décéléra la symptomatologie comme moyen de défense du sujet. La spécificité de l'inconscient est la rencontre du désir de l'autre, l'autre étant pris comme sujet à ne plus être.

 

Pour le psychanalyste J. Lacan " l'inconscient, c'est le discours de l'autre ". Pour lui, le désir est un rapport d'être à manque, ce n'est pas manque de ceci ou de cela, mais manque d'être par quoi l'être existe que la notion du manque, elle est ce par quoi l'être s'élève comme présence sur fond d'absence. Pour Mr J. Lacan " l'inconscient est structuré comme un langage ", ce qui conduit à cette déduction qu'il n'y a d'inconscient que chez " l'être parlant ", ce qui est un pléonasme du fait même qu'il est parlant parce qu'il est être.

En tant que méthode d'investigation de cette recherche de l'inexplicable dans l'explicable, la psychanalyse est centrée sur la relation. C'est la rencontre de deux inconscients celui de l'analyste comme lien du support et de l'insupportable et de celui de l'analysant. De par ce lien, il s'établit le un quelque chose en plus qui échappe à l'analysant tout en étant là. La parole en tant que communication se décode, se dissout, s'éclate; les mots eux-mêmes ne semblent plus avoir  de cohésion, plus de sens, la rencontre de la vérité par cette parole démystifiée du sens caché renvoie le sujet avec et à son histoire. En communiquant à travers cette parole l'être entreprend une lourde et pénible tâche, c'est d'exister et souvent pour se définir il tend à se perdre voire s'effacer lui-même comme sujet de sa propre énonciation pour utiliser le code dans le champ de l'autre. L'analyse rétablit la parole pleine.
La difficulté dans la cure analytique ce n'est pas d'expliquer le ou les symptômes mais de dénouer la plus forte et la plus redoutable des résistances, c'est à dire celle qui s'oppose au dévoilement de la causalité symptomatique, le transfert, qui ne peut être vécu qu'avec l'autre (c'est une histoire d'amour mais quelle histoire !).

On ne peut s'empêcher de faire référence à la justesse de l'analyse de Mr François Roustang qui a pu dire " qu'en fin d'analyse l'analysant s'aperçoit que le ciel est vide, qu'il n'y a aucun pouvoir si ce n'est en lui-même, qu'il n'y a rien à attendre de cette autre personne ".

Et on y ajoutera cette belle citation de Mr. Montaigne " la plus grande des choses au monde, c'est de savoir être à soi ".

C'est pour ces raisons essentielles que la graphologie ne peut pas s'autoriser face à une écriture à faire une interprétation analytique sur des fondements de causalité à des symptômes constatés. Son rôle fondamental: c'est de constater que quelque chose déséquilibre et perturbe la vie graphique dans son essence. Le tracé graphique transcrira des symptômes qui amèneront des suggestions, des interrogations et des renseignements.