Foyer - Olivia Lasne

cercles de femmes chamanisme var

J'ai soufflé sur cette flamme
éteinte dans la nuit.

La braise de son souvenir n'a pas frémi de suite.
L'eau d'un autre amour ne pouvait pas suffir.

 

C'est un vent inconnu qui est apparu,
porté par des oiseaux qui rêvaient de lys tendres,
du jus des mirabelles,
des baisers du sureau.

 

La violence d'un glacier qui se rompt
est le plus doux des sons pour celui qui espère,
une promesse qui se rend,
un silence percé
qui rallume le cœur,
dévoilant au passage l'éclat de ce cristal, inachevé,
parfait comme le scarabée charnu qui entre deux herbes
porte calmement la beauté irisée du monde
sur sa carapace noire.

 

Embrasée,
je dresse une nouvelle pierre, jade,
pour consacrer ce cercle
où j'aime recevoir l'étranger, l'animal, la soeur
où j'aime peindre, enfanter, courir
où j'aimerai t'accueillir
et me laisser cueillir.

 

Ici le feu danse
et si la souplesse de ses flammes reste insaisissable
il pétrit les plis de l'âme,
les enveloppe sans attente,
les rappelle à la crépitation originelle.

 

Ici se réinvente
un langage,
une partition,
une poésie de l'être.

 

Mon foyer, mon feu.

 

Olivia Lasne