Attention à la suractivité

 

"Celui qui connait l’art de se ménager ne rencontre ni rhinocéros, ni tigres. Aucun endroit  sur lui ne s’ouvre sur la mort". Lao Tseu.

 

 

L’alternance repos-activité est une des bases de la santé. J’entends souvent « on se reposera quand on sera mort ». C’est mal connaître le fonctionnement de l’organisme. Quand nous dormons, nous nous construisons.

 

Le système nerveux autonome, celui qui « s’occupe de nous sans nous », celui qui dilate nos artères, nos bronches, nos pupilles, fait battre notre cœur et beaucoup d’autres choses, sans que nous n’ayons besoin de nous en soucier, travaille sur deux modes : l’orthosympathique (appelé aussi sympathique) et le parasympathique. Le premier gère l’action et la réflexion, le second l’acquisition de matières premières (la digestion), la construction et l’entretien de la structure. Le premier favorise l’activité des muscles et du cerveau (en dilatant par exemple les artères des jambes et des bras), l’irrigation du cœur,  accélère son rythme... Le second assimile les nutriments, construit les tissus, contrôle le pH, élimine les cellules cancéreuses, vide les poubelles (appelées toxines)… C’est l’haleine chargée des petits matins, les urines concentrées, l’évacuation des selles…

 

 

Un équilibre entre ces deux systèmes est vital.

 

 

Privilégier l’un de ces deux systèmes au détriment du deuxième est suicidaire. Ils marchent main dans la main.

 

 

Oublier l’activité et la réflexion en restant sédentaire devant sa télévision est source de maladies (diabète, dépression, dyslipidémies…)

 

 

Refuser le repos et tomber dans une hyperactivité chronique est tout aussi dangereux. Elle est d’ailleurs souvent agréable au début : nous pensons vivre plus pleinement notre vie, nous satisfaisons notre égo.

Mais, assez vite, le système orthosympathique s’emballe, l’alarme est lancée, nous produisons les hormones du stress : adrénaline puis cortisol et hormones thyroïdiennes. Nous ne pouvons bientôt plus baisser la vigilance et le petit vélo du cerveau continue de rouler même la nuit. Nous ruminons les  pensées  en boucle,  nous n’arrivons plus à prendre de recul vis-à-vis de nos émotions. Nous sommes plus irritables.

 

Nous sommes en dehors de nous.

 

 

Le parasympathique et son allié précieux le foie, n’ont plus assez de temps pour faire leur travail. Ils font des choix : la survie à court terme.  Ils choisissent par exemple de maintenir le pH du sang et les facteurs de coagulation, au détriment de la fabrication de tissus denses et solides. Mais il est un jour où les poubelles débordent et trop d’éléments doivent être réparés. Ils appuient sur le bouton STOP.

 

Le parasympathique shunte l’ortho et se met au travail de façon exagérée.

 

C’est la crise vagale :

 

Pour certains, une bonne grippe ou tout autre maladie infectieuse : c’est aussi le parasympathique qui est chargé de fabriquer les anticorps.

 

Pour d’autres,  c’est la crise d’asthme (quand la parasympathique travaille, il rétrécit les bronchioles), l’infarctus du myocarde (il rétrécit aussi les coronaires), la migraine (grosse vasoconstriction cérébrale), la maladie de Raynaud (vasoconstriction périphérique)...

 

Pour d’autres, enfin, c’est le burn out.

 

 

 

En 40 ans, depuis l’avènement de la télévision, de l’ordinateur et à cause de trajets travail-domicile de plus en plus longs, nous avons perdu deux heures de sommeil par jour. Malheureusement, cette perte se fait au détriment de notre santé.

Mon conseil : le sommeil se prépare pendant la journée.

 

Faire des pauses tout au long de la journée et pourquoi pas une courte sieste (20 min).

 

Faire les choses l’une après l’autre, sans précipitation. L’anticipation n’est pas toujours positive. Elle peut nous projeter en permanence dans l’avenir en nous empêchant de vivre le présent.

 

Méditer. La méditation nous ramène aux choses essentielles, éclaircit notre esprit pour des décisions plus justes.

 

S’arrêter pour voir la poésie du monde et se confondre dans son rythme. Ecouter. Sinon, nous serons passés à côté du principal.

 

 

 

« Il est important, face aux difficultés que l’homme éprouve dans sa vie, d’attirer son attention sur le besoin que nous avons de ne pas subir. De lui signaler ce manque à gagner fondamental, ce déficit beaucoup trop courant d’autonomie, de créativité, de responsabilité. » (Annelise Galland)