Focusing

Psychothérapie - Focusing

"Le focusing est une nouvelle façon de comprendre notre expérience intérieure et notre nature profonde, un nouveau modèle fondamental de vie. "

 

Histoire du focusing

Le focusing s'inscrit à l'origine, au coeur de l'Approche Centrée sur la Personne où ce sont avant tout les attitudes d’empathie, de congruence, de regard positif et la qualité de présence du thérapeute qui sont facilitatrices du changement chez le client. Nous le devons à Eugene Gendlin, proche collaborateur de Carl Rogers.

 

Au départ, Gendlin cherche :  « comment s’y prennent les gens qui progressent rapidement en thérapie » : «  Que font-ils ? » ; « Comment s'y prennent-ils avec eux-mêmes ? » ; « A quoi se fient-ils à l'intérieur d'eux ? » ; « A la recherche de quoi sont-ils ? » ; « A l'écoute de quoi ? » ; « Quels sont leurs repères internes ? » ; « Par quoi se laissent-ils guider ? » ; « Qu'est-ce qui les met sur la voie et comment savent-ils qu'ils sont sur une direction constructive pour eux ? ».  Cela lui a permis de mettre en évidence une sorte de démarche interne à partir de laquelle il devient possible de se repérer dans son monde intérieur, et en conséquence de progresser en thérapie et de se repositionner dans différentes situations. Il en a tirer une méthode de "connaissance de soi", d'accès à soi-même et à sa capacité de changement. 

 

Une nouvelle connaissance de soi

La personne acquiert une connaissance d’elle plus sensible, plus intuitive, plus globale faite d'impressions et de sensations diffuses. Cela suit une logique propre. Ces sensations peu définies se tiennent en arrière fond de ce qui pourra être élaboré par la suite, comme une frange informelle de laquelle vont émerger concepts, images, représentations et expressions diverses. Dans le focusing, on accède à une nouvelle connaissance. Elle  demande une relation de proximité et d’intimité avec soi-même,  ainsi qu’une manière de procéder précise.

 

Ainsi, "focuser", c'est venir en contact avec une sensation particulière à l'intérieur de soi afin d'en laisser émerger des informations nouvelles. « Faire du focusing », c'est rendre précise et claire une impression interne indéfinie, bien présente, corporellement repérable.

 

Cette connaissance "au feeling", organiquement présente, que nous appelons connaissance expérientielle, va permettre  à la personne de trouver des moyens pour résoudre sa difficulté et de fonctionner sur un mode différent. La plupart du temps ce n'est pas tant la situation qui pose problème que la manière de l'envisager et de l'aborder. De ce niveau expérientiel émerge une nouvelle représentation. C’est un auto recadrage. 

 

Habituellement, on prête peu d'attention à "feeling global" primordial, et qui se tient en-deçà et en arrière-fond des différents registres et modes d'expression. Cette "sensation globale" contient l'ensemble de ce qui est vécu par la personne, d'une manière implicite, intriquée, non encore formalisée et dépliée. La connaissance expérientielle permet de se rapprocher de cette globalité inscrite « organiquement » constamment en nous. Une adéquation ajustée se fait entre ce niveau et celui d'actualisation de soi représenté par nos diverses expressions. La personne va fonctionner d'une manière plus performante et plus satisfaisante. 

 

Rôle du thérapeute

Il revient au thérapeute d'aider la personne à se rapprocher de cette expérience qui  sert d'appui référentiel à l'autonomisation de la personne. Le thérapeute invite son client à parler et à penser à partir de ce niveau expérientiel. 

 

« La connaissance du corps »

Pour GENDLIN, "le sens corporel est la manière dont le corps ressent le problème dans son entier". Ce sens corporel  est la "signification ressentie". Le corps, à travers ce ressenti "sait" ce qu'il en est. "Le corps ne ment pas" :  à l'écoute de cette sensation il devient difficile de se tromper et de se leurrer. 

Mais cette connaissance implicite demande à être développée. Le "sens corporel" nous dit qu'il se passe quelque chose en termes de sens, c'est-à-dire d'abord, de sensation,puis de signification et donc d'information et de compréhension pour une directionnalité. Nous portons en nous-même ce qui va faire avancer le processus vers sa résolution. C’est la notion fondamentale de tendance actualisante de C. Rogers. 

 

Les différentes étapes du processus du focusing 

1• Dégager un espace

Par rapport à une question ou une situation où l'on cherche à examiner, créer les conditions propices à l'écoute de ce qui résonne en soi en gardant une juste distance. 

2• Laisser venir le sens corporel

En écho à cette question, venir au contact avec le niveau expérientiel en se rapprochant de l'impression floue et peu définie qui lui correspond. C’est la réponse globale à la situation. 

3• Préciser le sens corporel

« trouver une prise » ou une mise en forme : la sensation corporelle va se définir et apparaître plus nettement sous forme d'un mot, d'une qualité, d'une expression, d'un mouvement, couramment sous forme d'une image. C’est une "très haute définition" dans : la forme, le volume, les couleurs, la luminosité, les matériaux et textures, les mouvements internes, les directions qui se dessinent...

4• Faire ou laisser résonner la forme

Prendre le temps de vérifier la forme et l'accompagner dans son mouvement interne. 

5• Interroger le sens corporel

« le laisser parler » : il va expliciter ce qu'il contenait implicitement pour le rendre intelligible et évident. Cette émergence interne d'auto-organisation permet à la personne de s'y reconnaître et de se connaître. 

6• Accueillir

Prendre ce temps d'accueillir ce qui vient d'émerger. Ce ne sont pas simplement un supplément d'information. Elles conduisent à une réorganisation complète qui modifie la personne dans son intégrité et ouvre des perspectives nouvelles sur la manière d'aborder la situation, de se positionner et d'agir. 

 

En pratique le focusing

J’ai rencontré le focusing dans l’enseignement pratique de de John Welwood, élève et collaborateur de E. Gendlin. D’une certaine façon, il a poussé ce processus jusqu’aux expressions fines de l’être,  spirituelles, ancrées et en lien à nos réalités concrètes, corporelles, sensitives, émotionnelles… Cette fine fleur ou pointe de l’âme propose la psychothérapie comme une pratique « d’Amour ». Elle repose sur la bonté fondamentale intrinsèque du cœur humain : « rentrer en amitié avec. » Nous retrouvons notre place particulière dans la création que la tradition chinoise présente comme l’arbre ente Ciel et Terre, tel un point d’amour. Un pont de rencontre, qui permet de guérir les blessures et qui fait retrouver la paix d’un cœur doux et humble, à sa juste place. 

 

La dimension du focusing est concrètement dans toute ma dimension thérapeutique, que ce soit à travers le psychopraticien, l’animateur d’atelier d’expression thérapeutique ou le praticien de Médecine Traditionnelle Chinoise, ou l’accompagnateur de méditation.  Elle me permet de faire les ponts de l’un à l’autre, que ce soit dans un accompagnement verbal en face à face, en relaxation… ou dans un massage qui déploie son expression.

 

Je peux l’utiliser de façon plus protocolaire  dans certaines  situations, notamment ou le corps est plus directement concerné (situations de maladie…) ou au contraire avec des personnes qui mentalisent trop leur cheminement personnel. Vous pouvez aussi me demander particulièrement ce genre de travail.